Une coutume qui a reçu la sanction favorable du temps veut qu’a l’occasion des fêtes de fin d’année, il est d’usage que le Chef de l’État, accompagné du Premier ministre et de leurs épouses respectives reçoivent les Grands Corps de l’État pour les féliciter et les remercier des services rendus à la République, pendant toute une année. Nous, fonctionnaires de carrière de notre état, parvenus au plus haut sommet de l'État, ne saurions déroger à cette bonne tradition.
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Mieux encore, nous nous y prêtons de gaîté de cœur, tant l’année a été rude en épreuves et tant vos performances, votre travail au quotidien et votre abnégation ont permis à l’État de faire face aux défis et de surmonter les écueils et les difficultés de toutes sortes qui ont jalonné l’année 2016 qui s’achève.
Chers amis, je joins donc volontiers ma voix à celle de mon épouse, à celles du Premier ministre et de son épouse ainsi qu’à celle de l’ensemble de nos collaboratrices et collaborateurs pour vous souhaiter de Bonnes Fêtes de fin d’Année ! Ces vœux s’adressent à chacune et chacun d’entre vous. Ils s’adressent également à vos proches et l’ensemble de tous ceux qui vous sont chers. Que vos rêves les plus précieux se concrétisent en cette nouvelle année 2017 qu’on voit déjà poindre à l’horizon !
Mesdames et Messieurs, Permettez-moi de saisir l’occasion pour revenir sur une dénomination symbolique et forte qui vous désigne : Vous êtes connus et communément appelés « Les Grands Corps de l'État » ! A quoi renvoie exactement cette notion ? Qu’est-ce que cela implique au quotidien et dans les faits ?
Le concept de Corps Social a été théorisé par celui qui est universellement reconnu comme l’un des fondateurs de la sociologie moderne, le sociologue français Émile Durkheim. Tout d’abord, la notion de Corps renvoie à un organisme vivant, constitué d’un ensemble de parties ou d’organes intimement liés et étroitement cordonnés dont chacun exécute des attributions propres et remplit une fonction spécifique. Quand a cet être vivant on ajoute la dimension sociale, la capsule explose, le Corps n’est plus enkysté mais orienté vers les autres, vers la société. En d’autres termes, le Corps ne fonctionne plus pour sa propre satisfaction, il cherche à servir, à protéger et à travailler au bénéfice de l’environnement physique et humain soumis à sa sphère d’actions.
Mesdames et Messieurs,
Vu sous cet angle, vous représentez vraiment les Grands Corps de l’État. Il y a des privilèges qui vous reviennent de droit. La société vous reconnaît en vos Titres et Qualités. Par contre, elle attend en retour les contreparties. Votre travail au quotidien et vos performances définissent les services rendus aux citoyens et citoyennes. Vous êtes en interface directe avec la population. L’image que vous projetez par votre posture et la qualité de vos prestations est exactement l’image qu’il garde du corps social, de l’Administration publique et, par extension, de l'État. En tant que prestataires de services, la qualité et la rapidité du service que vous délivrez au Citoyen-client est l’image qu’il retient de la capacité de l'État à répondre à ses attentes et à satisfaire ses besoins.
Et s’il faut des exemples pour vous convaincre, pensez à l’EDH ou à la DINEPA, au Corps des Pompiers ou aux Archives Nationales, à la Police Nationale ou à la Direction de l’immigration. Pensez à une mission diplomatique à l’Étranger ou à un Représentant du pays au sein d’une grande organisation internationale…
C’est vous qui faites tourner la machine. C’est vous qui permettez à l'État de délivrer les services attendus par la Population. La défaillance d’un grand Corps de l'État a remplir sa mission, entraîne des conséquences néfastes pour tous ceux qui dépendent de sa lignée. De même, quand un grand Corps de l'État délivre des performances exceptionnelles, cela fait des heureux dans toute la chaîne. C’est à l’appréciation de votre travail que l’on perçoit l’État et qu’on le qualifie de défaillant ou de performant !
Il y a une autre caractéristique importante du concept de Corps Social, comme l’a si bien souligné encore Émile Durkeim : Le Corps Social est traversé par une conscience collective. C’est ce qui permet d’avoir de la cohésion sociale et de travailler dans un but commun. Quand on sait qu’on fait partie d’un même corps, on le protège, on le fait grandir, on le pousse au dépassement. Et ceci apporte une dimension particulière. Elle permet au titulaire d’un poste, au responsable d’un service, au directeur d’une division de se transcender dans son travail au quotidien. Les Grands Commis de l’État travaillent pour le bien commun. Ils travaillent pour le bénéfice de la population et pour le rayonnement de la Nation. Ils sont sensibles à la qualité du service rendu. Ils sont soucieux et veillent à projeter une bonne image du pays.
Mesdames et Messieurs,
Poursuivant mon exploration du concept de Corps social, j’ajouterais que dans un Corps chaque membre, chaque organe, aussi infime soit-il, doit jouer pleinement son rôle pour que l’ensemble du Corps fonctionne harmonieusement. Il en est de même pour vous chers fonctionnaires et grands Commis de l'État. C’est quand chacun de vous, dans son domaine spécifique joue son rôle que la Nation haïtienne se porte bien.
C’est en jouant collectif, en travaillant avec professionnalisme et un sens élevé du devoir que la Nation haïtienne se porte mieux et peut permettre à ses filles et fils de regarder l’avenir avec optimisme et sérénité.
Par ailleurs, il convient de signaler à l’encre forte qu’aucune partie du Corps n’est négligeable. Je vous invite donc à valoriser toutes celles et tous ceux qui pourraient être considérés comme les plus petits de vos collaborateurs, celles et ceux qui sont parfois appelés les petits fonctionnaires. Ils ne sont pas petits ! Ils sont membres a part entière du corps et ils jouent leur rôle qui alimente et soutient l’existence du corps. Ainsi, toujours respectant la notion du Corps, je profite pour saluer et rendre hommage au travail de ces fonctionnaires indispensables à la santé de l’ensemble. Sans leur travail, sans leur contribution dans la chaîne de valeur et la production de services, les Grands Corps auraient du mal à fournir des résultats et à se vanter d’un bilan. Ils méritent d’être appréciés, reconnus et valorisés. En vos noms respectifs, je leur dis Merci et je leur souhaite du fond du cœur Bonne Fête de fin d’Année ! J’espère que vous saurez leur transmettre mes vœux chaleureux et sincères, au cours des activités festives et récréatives que vous organisez pour l’occasion dans vos ministères, vos directions et vos garnisons.
Mesdames, Messieurs les Grands Commis de l’État,
Vous qui méritez si bien la dénomination de Grands Corps, je veux finir en partageant avec vous cette dernière considération : Un Corps social est un ensemble cohérent. Il suppose la bonne articulation et l’intelligente interaction entre les multiples organes qui le composent pour parvenir à se hisser au-delà des simples lois arithmétiques. Que voudrais-je dire par cela ? Quand un Corps social fonctionne bien, la résultante de l’ensemble de ces parties et de ces fonctionnalités est une valeur supérieure à une simple addition. Un corps social a un effet multiplicateur.
Vous avez le devoir de bien gérer, de faire fructifier et de bonifier les ressources que vous administrez au nom de l’État et au nom de la population. Vous avez la responsabilité, plus que jamais, de faire des choix rationnels et de maximiser les bénéfices au profit du Contribuable et du Citoyen-client.
Bonne Fête de fin d’Année !
Joyeux Noël 2016, Bonne et Heureuse Année 2017 !
Et faites honneur à votre Corps !
Merci.