Discours Officiels
FUNÉRAILLES OFFICIELLES DU POLICIER TISSON JEAN LOUIS, TOMBÉ SOUS LES BALLES ASSASSINES DES ASSAILLANT DES CAYES LE 16 MAI 2016.

L’équipe gouvernementale, issue de l’accord du 5 février 2016, ne devrait normalement rencontrer aucune opposition. Les membres qui la composent, non seulement, ne revendiquaient aucune appartenance politique, mais plus encore, aucun d’entre eux n’était impliqué dans le processus électoral qu’ils avaient pour mission de créer les conditions à la reprise.

Le président Martelly, qui n’a pas réussi à conduire à terme le seul processus électoral de son quinquennat et assurer l’élection à la présidence de son dauphin- candidat, n’a jamais digéré la transition qu’elle a provoquée. Les membres influents de son administration, les élus et alliés au parlement de son regroupement politique (PHTK), son candidat à la présidence et ses proches partisans, n’ont raté aucune occasion de signifier publiquement, leur opposition au gouvernement de consensus prévu dans le cadre de cet accord. Les actes d’hostilités, de nature à contrer et saboter ses principales initiatives et l’empêcher de réussir la transition, sont nombreux, permanents et variés.

Dans ce registre s’inscrivent les actions suivantes :

· Totale indifférence du parlement aux initiatives législatives du pouvoir exécutif et pression constante sur les ministres à travers les multiples invitations et convocations par les parlementaires réputés proches du PHTK et alliés.

· Campagnes intensives et agressives de dénonciations calomnieuses et diffamatoires des membres du gouvernement, à travers les médias traditionnels et réseaux sociaux.  

· Menace de déstabilisation du pouvoir, à travers des annonces de manifestations nocturnes à travers les rues de la capitale à l’initiative même de l’ancien premier ministre du président Martelly.

· Attaques armées contre des installations commerciales et institutions publiques, impliquant d’anciens délégués et vice-délégués et d’autres bandits notoires réputés proches et alliés du PHTK.  

L’attaque contre la direction départementale de la police nationale d’Haïti (PNH) des Cayes dans la nuit du 15 au 16 mai 2016, se soldant par l’exécution du policier Tisson Jean Louis, s’est déroulée dans ce même contexte d’hostilité politique.

Aux funérailles officielles organisées en mémoire de cet agent tombé au champ d’honneur, au service de son institution et de sa patrie, j’ai délivré le message qui suit.

Chers Parents et amis du défunt

C’est avec un cœur meurtri et une âme angoissée que  nous nous retrouvons ce matin en train de rendre un dernier hommage à un valeureux serviteur de la Patrie, un brave policier et un père de famille qui n’a jamais failli à sa mission.

Une nouvelle fois notre pays est en deuil, la Police Nationale d’Haïti est dans l’épreuve et nous pleurons le départ prématuré de l’agent de Police Jean Louis Tisson.

Après 14 années de service au sein de cette Institution garante de l’ordre et de la sécurité publics, Jean Louis Tisson est considéré par ses frères d’arme et la Communauté qu’il desservait comme un homme qui avait fait sienne la devise de la Police Nationale d’Haïti, il avait voué sa vie à protéger et servir sa patrie.

En cette funeste nuit du 15 au 16 mai 2016, alors que le pays se préparait à célébrer l’union sacrée de nos ancêtres, des individus sans scrupules, animés par l’intention de frapper la nation haïtienne en son centre névralgique, ont attaqué le Commissariat de la ville des Cayes qui abrite également le bureau de l’unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO).

Au cours de cette attaque, ces criminelles ont  lâchement assassiné le vaillant policier Tisson Jean-Louis, alors qu’il s’évertuait à défendre son poste de travail et porter assistance à ces coéquipiers en danger ;  

Nous n’avons aucun doute sur les intentions réelles de ces bandits, au-delà de l’assassinat de ce patriote de la première heure qu’est Tisson Jean-Louis, c’est l'État dans l’une de ses fibres les plus sensibles qui est visé.

C’est l’Institution policière qui est visée.

Contrairement à leurs attentes, cet acte ne fait que réconforter la Police Nationale d’Haïti dans sa détermination de lutter contre la criminalité sous toutes ses formes et de rechercher les auteurs matériels et intellectuels de cet acte combien odieux.

Tisson Jean-Louis reste et demeure un symbole, le symbole de bravoure, du sens du devoir et du sacrifice.

La nation haïtienne, dans toutes ses composantes, n’oubliera jamais les mérites et les qualités de ce grand patriote tombé sous les balles assassines.

Nous voulons également dire à ses agresseurs, que ce crime contre la Police Nationale et la nation haïtienne ne restera pas impuni.

Nous voudrions profiter de cette funeste occasion pour saluer la mémoire de tous les policiers lâchement assassinés dans l’exercice de leur fonction.

La Police Nationale d’Haïti est un corps uni et indivisible, toutes atteintes à n’importe lequel de ses membres constitue une atteinte au corps tout entier.

Des consignes et instructions strictes et formelles ont été passées à toutes les instances concernées afin de poursuivre et de déférer par devant les autorités judiciaires les auteurs de cet acte qui révolte la conscience de la nation haïtienne dans son ensemble.

Que la mort de ce martyr ne soit pas en vain, mais qu’elle serve à sensibiliser le peuple haïtien sur la nécessité de dénoncer les bandits à la police nationale d’Haïti pour l’aider à mieux remplir son rôle de protéger et servir.

Tisson, partez en paix, votre mission ici- bas est accomplie et le peuple haïtien se souviendra toujours de vous comme un policier exemplaire.